Voici la liste des biens sont exemptés de DPE en 2026

Mis à jour le: 18/01/2026
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Voici la liste des biens sont exemptés de DPE en 2025

Vous vendez ou louez, et vous découvrez au dernier moment qu’il “faut un DPE” : la vraie question devient vite “suis-je dispensé, ou suis-je en infraction ?”

En janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) reste, en principe, une pièce attendue dès qu’un bien passe sur le marché. Le problème vient des cas limites : dépendance, bâtiment “non chauffé”, usage très ponctuel, bâtiment professionnel, bâtiment protégé. Dans ces situations, une mauvaise qualification suffit à bloquer une vente, retarder une signature, ou déclencher un litige.

Le point clé tient en une idée : la dispense ne se devine pas, elle se démontre. Vous devez pouvoir expliquer pourquoi votre bien entre dans une catégorie de non-application, sans “bricoler” la réalité. Et si votre bien n’entre pas clairement dans un cas de dispense, il faut partir du principe que le DPE s’applique.

Ce que la réglementation vise réellement quand elle parle de “bâtiment”

Le DPE concerne, en principe, un bâtiment clos et couvert ou une partie de bâtiment. Autrement dit : un volume construit, protégé des intempéries, exploitable comme espace, et destiné à être occupé selon un usage donné. Cette définition pratique explique pourquoi certaines constructions échappent au dispositif : soit parce qu’elles ne relèvent pas d’un usage d’occupation humaine normal, soit parce que l’évaluation perd sa pertinence au regard de leur destination.

La confusion la plus fréquente vient des “annexes” : garage, cave, abri, pool house. On croit souvent que “tout doit avoir un DPE”. En réalité, c’est l’usage, l’autonomie, la surface, l’équipement énergétique et la durée d’occupation qui orientent l’analyse, pas l’intuition.

Les catégories de biens qui ne relèvent pas du DPE en 2026

La réglementation liste des cas dans lesquels l’obligation ne s’applique pas. Le raisonnement est binaire : soit le bien entre dans une catégorie de dispense, soit il n’y entre pas. Il n’existe pas, en principe, de “dispense de confort” au motif que le DPE serait compliqué, coûteux, ou “inutile”.

Constructions provisoires prévues pour une durée d’utilisation égale ou inférieure à deux ans

Une construction provisoire n’a pas vocation à s’inscrire durablement sur le marché immobilier. La dispense vise les installations dont la durée d’usage prévue ne dépasse pas deux ans. Dans les faits, l’enjeu se situe sur la cohérence : si la construction sert durablement ou se retrouve vendue, louée, ou intégrée à une exploitation pérenne, l’argument de la “provisoire” devient fragile.

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Une maison témoin, un pavillon d’exposition, un module temporaire peuvent entrer dans cette logique si la destination reste réellement temporaire. La prudence consiste à documenter la durée d’usage prévue et l’absence de mise sur le marché dans des conditions assimilables à un logement classique.

Bâtiments indépendants dont la surface de plancher est inférieure à 50 m²

Le critère ne porte pas sur “la petite taille” au sens commun, mais sur un seuil juridique : surface de plancher inférieure à 50 m², pour un bâtiment indépendant. L’indépendance compte : un volume autonome, distinct, et non une simple pièce annexée à l’habitation principale. Une dépendance isolée, un petit local clos et couvert, un studio de jardin peuvent être concernés si l’ensemble reste bien sous 50 m² et réellement indépendant.

Attention au piège courant : un ensemble de petites surfaces qui, en réalité, constitue un même bâtiment ou une même unité fonctionnelle. Si l’administration ou un juge requalifie l’ensemble comme un bâtiment unique, la dispense peut tomber.

Bâtiments à usage agricole, artisanal ou industriel hors locaux d’habitation, avec une faible énergie dédiée à l’occupation humaine

La dispense vise des bâtiments dont l’activité principale n’est pas l’habitation : agricole, artisanal, industriel. Mais elle ne s’applique pas automatiquement à tout hangar ou atelier. La règle ajoute une condition technique : le chauffage, le refroidissement ou la production d’eau chaude pour l’occupation humaine doit représenter une faible quantité d’énergie par rapport à celle nécessaire aux activités économiques.

Concrètement, un local fortement chauffé pour du confort humain, ou aménagé avec des espaces d’occupation comparables à des bureaux, se rapproche d’un bâtiment “classique” sur le plan énergétique. À l’inverse, un bâtiment essentiellement dédié à la production, avec peu d’équipements de confort, entre plus facilement dans la logique de dispense.

Bâtiments servant de lieux de culte

Les lieux de culte relèvent d’un régime de dispense. La logique tient au caractère spécifique de l’usage, souvent intermittent, et à la difficulté d’un indicateur standardisé pour des bâtiments dont la conception ne répond pas aux mêmes objectifs qu’un logement ou un bâtiment tertiaire.

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La vigilance porte sur les locaux annexes : si une partie du bâtiment sert d’habitation ou de locaux assimilables à des espaces occupés durablement, l’analyse peut se segmenter selon les parties concernées.

Monuments historiques classés ou inscrits

Les monuments historiques classés ou inscrits bénéficient d’une dispense. Le fond du mécanisme est simple : les contraintes patrimoniales et les règles de conservation ne se concilient pas toujours avec une évaluation énergétique standard et des recommandations de travaux “classiques”.

En pratique, l’enjeu devient la preuve du statut du bien au regard de la protection patrimoniale. Sans élément clair, vous vous exposez à une contestation, surtout en cas de vente.

Bâtiments non chauffés, ou dont les seuls équipements fixes sont des cheminées à foyer ouvert, sans dispositif de refroidissement

Cette catégorie est l’une des plus sensibles, car elle attire les abus. La dispense concerne les bâtiments non chauffés ou ceux dont les seuls équipements fixes de chauffage sont des cheminées à foyer ouvert, à condition qu’il n’existe pas de dispositif de refroidissement. Le mot important est “fixes” : un bâtiment peut contenir des appareils mobiles, mais si, dans la réalité, il se chauffe comme un logement, la démonstration de “non chauffé” devient risquée.

Le bon réflexe consiste à raisonner par cohérence d’usage : un bien utilisé comme résidence, aménagé, occupé, avec une recherche de confort thermique, s’éloigne d’un bâtiment “non chauffé”. À l’inverse, un local brut, peu occupé, sans installation fixe, peut entrer plus naturellement dans cette dispense.

Bâtiments résidentiels destinés à être utilisés moins de quatre mois par an

La réglementation prévoit une dispense pour des bâtiments résidentiels destinés à être utilisés moins de quatre mois par an. Ici, le risque vient du mot “destinés” : il ne s’agit pas d’une simple intention verbale. Vous devez pouvoir justifier un mode d’occupation réellement limité.

Ce point devient particulièrement délicat lorsque le bien génère des revenus locatifs. Si l’occupation excède la limite, ou si l’exploitation ressemble à une mise à disposition régulière, la dispense peut être contestée. La prudence impose de ne pas construire votre conformité sur une hypothèse difficile à prouver.

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Dispense de DPE et “DPE vierge” : deux situations qui n’ont rien à voir

Une dispense signifie que le DPE ne s’applique pas au bien, parce qu’il entre dans une catégorie exclue du champ. Un DPE vierge correspond à un diagnostic qui a été demandé, mais qui ne produit pas d’étiquette exploitable dans certaines conditions historiques ou techniques. Les conséquences ne se traitent pas de la même manière.

La confusion coûte cher : croire être “dispensé” alors que vous avez seulement un DPE inexploitable expose à une contestation lors de la vente, à une négociation forcée, ou à un contentieux. À l’inverse, produire un DPE pour un bien réellement dispensé peut créer des incohérences inutiles, surtout si le diagnostic aboutit à des conclusions peu pertinentes.

Ce que vous devez sécuriser avant de vous appuyer sur une dispense

Une dispense se défend avec des faits simples et vérifiables : surface de plancher, indépendance du bâtiment, destination, présence d’équipements fixes, absence de refroidissement, durée d’usage, statut patrimonial. Ce sont des éléments objectifs, plus solides qu’une description vague.

Le point sensible, en pratique, tient à la cohérence entre le discours et l’usage réel. Si vous décrivez un bien comme “non chauffé” alors qu’il se loue comme un logement confortable, vous créez une faille. Si vous invoquez “moins de quatre mois” mais que les réservations s’étalent, vous fragilisez votre position.

Pourquoi ces dispenses deviennent stratégiques sur un marché sous tension énergétique

Le DPE ne sert plus seulement d’information. Il structure désormais des décisions économiques, des obligations contractuelles, et des contraintes de mise sur le marché. Chaque dispense devient donc un point de friction potentiel entre vendeur, acquéreur, bailleur, locataire et professionnels.

En 2026, l’approche la plus sûre reste la même : qualifier le bien avec prudence, rester factuel, et éviter toute interprétation “créative”. Quand une situation se situe à la frontière, le risque juridique vient rarement du texte lui-même, mais de l’écart entre la catégorie invoquée et la réalité du bien.