La location meublée avec les charges comprises et l’électricité

Mis à jour le: 19/01/2026
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La location meublée avec les charges comprises et l'électricité

Vous signez un meublé “charges comprises”, puis la première facture d’électricité tombe… et tout le monde se renvoie la balle.

Cette situation arrive souvent, parce que le mot charges ne signifie pas “tout inclus”, et parce qu’un logement meublé se gère parfois différemment d’une location nue. Entre provisions, forfait, abonnements individuels, chauffage collectif, et consommations réelles, une imprécision dans le bail suffit à créer un conflit.

Locataire, vous cherchez un budget stable et un logement immédiatement habitable. Propriétaire, vous voulez un bien attractif, rentable, et simple à administrer, sans subir des consommations imprévues. En janvier 2026, l’énergie reste un poste sensible, et l’électricité devient le sujet qui fâche au moment de l’état des lieux de sortie.

Ce texte pose un cadre clair, sans promesse et sans solution “automatique” : il explique ce qui se fait généralement, ce que le bail doit prévoir, et ce qu’il faut vérifier pour éviter les mauvaises surprises.

Électricité en location meublée : le principe de base

En pratique, la réponse dépend d’une seule chose : ce que prévoit le bail et la façon dont les charges sont organisées. Le logement meublé peut fonctionner avec des provisions pour charges ou avec un forfait de charges, et ces deux mécanismes ne produisent pas les mêmes effets.

Le plus souvent, l’électricité du logement, lorsqu’elle correspond à une consommation privative, reste liée à un contrat individuel souscrit par le locataire. Dans ce cas, le locataire paie directement le fournisseur, et le propriétaire ne gère ni factures, ni régularisations, ni variations tarifaires.

À l’inverse, certains baux de meublés prévoient une formule “tout compris” où l’électricité fait partie d’un forfait ou d’un ensemble de charges gérées par le bailleur. Cette option existe, mais elle impose une rédaction rigoureuse, car une formulation vague déclenche presque toujours des incompréhensions.

Si vous retenez une règle simple : sans mention claire d’une prise en charge par le bailleur, l’électricité du logement est généralement gérée par le locataire via un abonnement à son nom.

Pourquoi “charges comprises” ne suffit pas

Le terme “charges comprises” peut masquer des réalités très différentes. Il peut viser uniquement les charges de copropriété récupérables (entretien, eau collective, chauffage collectif, électricité des parties communes), ou inclure des postes plus larges comme internet et parfois l’électricité du logement.

Un bail sérieux distingue les catégories : loyer, charges, mode de récupération des charges, et ce qui est inclus poste par poste. Sans cette ventilation, le locataire pense payer “tout”, le propriétaire pense couvrir “le minimum”, et le conflit devient presque inévitable.

Quand le bail mentionne un forfait, il doit indiquer un montant et une périodicité, et la logique n’est pas la même que des provisions. Quand il s’agit de provisions, une régularisation annuelle intervient, ce qui change totalement la discussion en fin d’année.

Avant de parler “qui paie”, il faut donc identifier quel modèle de charges le bail met en place.

Provisions ou forfait : deux logiques qui changent tout

En location meublée, les charges peuvent être récupérées via provisions ou via forfait. En janvier 2026, cette distinction reste centrale, parce qu’elle détermine la possibilité, ou non, d’ajuster les montants après coup.

Avec des provisions pour charges, le locataire verse une somme mensuelle, puis une régularisation intervient sur la base des dépenses réelles. Le bailleur doit alors pouvoir présenter un décompte et, en principe, des justificatifs consultables, notamment pour les charges récupérables.

Avec un forfait de charges, le locataire paie un montant fixe, défini au contrat. Ce forfait est versé en même temps que le loyer et, en principe, il ne donne pas lieu à complément ou régularisation ultérieure. Cela sécurise le budget du locataire, mais cela transfère le risque de surconsommation au bailleur si le forfait est mal calibré.

En pratique, le forfait reste possible et peut être révisé annuellement dans les conditions prévues au bail, mais il doit rester cohérent et ne pas devenir un moyen de contourner les règles de transparence.

Ce que le bail doit préciser, sans ambiguïté

Un bail solide indique le mode de récupération des charges, le montant, et le contenu. Pour éviter les litiges, la liste des postes couverts doit être explicite : eau, chauffage, électricité, internet, entretien, charges d’immeuble.

Si l’électricité est incluse, le bail doit l’annoncer clairement, et préciser le périmètre : électricité privative du logement, ou uniquement électricité des parties communes. Ces deux éléments n’ont ni la même facture, ni la même logique de récupération.

Si l’électricité n’est pas incluse, le bail doit le laisser apparaître sans détour, et le locataire doit prévoir l’ouverture du compteur à son nom dès l’entrée dans les lieux. Cette étape évite aussi les coupures, les relances, et les confusions au moment de l’état des lieux.

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Quand une formule “tout compris” est annoncée, la clarté du bail devient votre meilleur bouclier, parce qu’elle ferme la porte aux interprétations.

Qui paie l’électricité pendant la location

Le plus souvent, le locataire paie l’électricité consommée dans le logement, parce qu’il souscrit un abonnement à son nom. Il reçoit alors les factures, pilote la puissance souscrite, et assume les variations tarifaires. Cette organisation reste la plus lisible, surtout pour des locations d’un an ou plus.

Lorsque le bail prévoit que l’électricité est incluse, le bailleur gère le contrat et répercute le coût via un forfait ou des provisions. Le locataire ne paie pas directement le fournisseur, mais il paie une somme intégrée aux charges selon les modalités prévues au contrat.

Dans certains meublés, la situation est mixte : le locataire paie son électricité privative, tandis que l’électricité des parties communes figure dans les charges récupérables. Cela concerne par exemple l’éclairage des couloirs, l’ascenseur, ou certains équipements collectifs selon l’immeuble.

En cas de doute, la méthode la plus sûre consiste à vérifier trois éléments : la clause “charges”, la présence d’un forfait ou de provisions, et l’existence d’un compteur individualisé associé au logement.

Le cas des locations “courte durée” et des baux mobilité

Sur des périodes courtes, certains bailleurs préfèrent conserver l’abonnement et proposer un prix “tout inclus” pour simplifier l’entrée et la sortie. Cette pratique reste fréquente, mais elle n’autorise pas l’à-peu-près dans le contrat, surtout lorsque l’électricité représente une part significative du budget.

Dans ces formats, la stabilité du prix devient un argument commercial. En contrepartie, le bailleur doit anticiper le risque de consommation élevée, et le locataire doit comprendre ce qui est réellement compris dans le prix payé chaque mois.

Généralement, plus la durée est courte, plus l’inclusion de l’électricité est courante. Plus la durée s’allonge, plus l’abonnement au nom du locataire redevient la solution la plus saine, parce qu’elle aligne consommation et paiement.

Il n’existe pas de réponse automatique : c’est la cohérence du contrat, et la lisibilité pour les deux parties, qui fait la différence.

Qui paie l’électricité entre deux locataires

Entre deux locations, le logement n’est plus occupé par un locataire. En pratique, les consommations éventuelles et l’abonnement relèvent du propriétaire ou de son gestionnaire, parce qu’il n’existe plus de redevable locatif pour cette période.

La situation la plus fréquente consiste à maintenir un minimum d’électricité pour éviter des coupures totales, faciliter des visites, ou permettre des travaux. Dans ce cas, la dépense reste supportée par le bailleur jusqu’à l’entrée du nouveau locataire.

Le point sensible concerne le bon transfert à la date d’entrée : si l’ancien abonnement n’est pas clôturé, ou si le nouvel abonnement n’est pas ouvert à temps, des factures peuvent se croiser, et chacun pense payer pour l’autre.

Le réflexe utile consiste à caler la bascule sur une date simple : date d’entrée figurant sur l’état des lieux, et ouverture du contrat par le locataire à cette même date.

Attention aux “restes” de consommation

Des consommations résiduelles existent parfois : ballon d’eau chaude resté en marche, chauffage en mode hors gel, ventilation, box internet, ou éclairages de sécurité. Elles ne paraissent pas énormes, mais elles s’additionnent vite, surtout en période hivernale.

En principe, ces consommations, lorsqu’elles se produisent pendant la vacance, ne doivent pas être imputées au nouveau locataire. Elles restent liées à la gestion du bien par le bailleur, sauf clause particulière parfaitement claire, ce qui reste rare et contestable si elle crée une charge artificielle.

Pour éviter le litige, le bailleur peut remettre au locataire un logement avec compteurs lisibles et un point de départ simple, sans discussion sur “qui a consommé quoi” avant l’arrivée.

Le locataire, de son côté, protège sa situation en ouvrant l’abonnement à la bonne date et en conservant la confirmation du fournisseur.

Forfait électricité : ce que cela signifie vraiment

On parle souvent de “forfait électricité”, mais ce terme recouvre des pratiques différentes. Dans un cadre juridique classique de location, le forfait vise surtout un forfait de charges incluant éventuellement l’électricité, versé en même temps que le loyer.

Le principe du forfait repose sur une idée : vous payez une somme fixe pour des charges définies, sans recalcul en fin d’année. Cela apporte de la visibilité, mais cela impose de fixer un montant raisonnable dès le départ. Un forfait mal calibré nourrit les tensions, parce que le bailleur estime “payer pour le locataire” et le locataire estime “payer trop” s’il consomme peu.

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En janvier 2026, avec des coûts d’énergie fluctuants, ce mécanisme exige une prudence particulière. Généralement, le forfait se fixe à partir de dépenses observables : charges du précédent occupant, caractéristiques du logement, usage prévu, et niveau d’équipement.

Le bail peut prévoir une révision annuelle du forfait dans les conditions prévues au contrat, mais il ne doit pas transformer le forfait en régularisation déguisée.

Peut-on facturer un “supplément” si le locataire consomme trop

Lorsqu’un forfait est correctement qualifié et appliqué, il ne se transforme pas “à la carte” selon la consommation. C’est précisément l’intérêt du forfait : pas de complément imprévu, pas de rattrapage en fin d’année, et une règle lisible pour les deux parties.

Si un bailleur souhaite éviter une exposition à la surconsommation, la solution la plus stable consiste généralement à laisser l’électricité en abonnement individuel au nom du locataire, plutôt que de bricoler une clause d’ajustement difficile à sécuriser.

Dans la pratique, quand une clause prévoit un ajustement, elle doit être examinée avec prudence, parce qu’elle peut contredire l’économie même du forfait. Les conflits naissent souvent de ces clauses hybrides, présentées comme un forfait, puis gérées comme des provisions.

Quand le sujet devient litigieux, la discussion revient toujours au contrat : qualification des charges, rédaction, et cohérence avec le mécanisme choisi.

Chauffage : collectif, individuel, et impact sur les charges

Le chauffage constitue souvent la plus grosse source d’écart budgétaire. La logique dépend du type d’installation. Avec un chauffage collectif, les dépenses se répercutent généralement via les charges récupérables, selon les règles applicables à l’immeuble et la répartition prévue.

Avec un chauffage individuel, le locataire gère le contrat correspondant : électricité, gaz, ou autre énergie, selon l’équipement. Dans ce cas, le coût est plus directement lié à l’usage du locataire, et le bailleur n’avance pas la consommation.

Certains meublés affichent un prix “charges comprises” en incluant chauffage et électricité. Cette formule peut convenir, mais elle exige une définition précise du contenu, parce qu’un chauffage électrique intensif peut faire exploser les coûts si le forfait a été fixé trop bas.

Le point clé reste la lecture du bail et l’identification des postes : ce qui relève des charges d’immeuble et ce qui relève d’un contrat privatif.

Internet et autres services : inclus ou non, selon le bail

Internet devient un “indispensable” dans un meublé, mais il ne fait pas automatiquement partie des charges. Certains propriétaires incluent une box et un abonnement, surtout pour des locations courtes, des logements étudiants, ou des baux où la simplicité prime.

Dans les autres cas, le locataire souscrit un abonnement à son nom, comme pour l’électricité. Cette organisation évite les discussions sur l’usage, les équipements, et la qualité de service attendue, mais elle impose un délai d’installation.

Le même raisonnement s’applique à d’autres services parfois associés au meublé : ménage, entretien renforcé, ou équipements additionnels. Tout dépend du positionnement du logement et du contrat.

En principe, tout ce qui n’est pas écrit clairement devient un terrain glissant. En location, la précision protège davantage que les promesses.

Quelles charges peuvent être comprises dans un meublé

Dans un immeuble, une partie des dépenses peut être récupérée auprès du locataire sous forme de charges locatives. On retrouve souvent l’eau lorsqu’elle est collective, le chauffage collectif, l’entretien courant de certaines parties communes, et l’électricité des parties communes.

À l’inverse, certaines dépenses restent en principe à la charge du propriétaire, notamment celles liées à la structure de l’immeuble, aux gros travaux, ou à des charges non récupérables. Cette distinction existe précisément pour éviter que le locataire ne finance des dépenses qui relèvent de la conservation du patrimoine du bailleur.

Dans un meublé, le mécanisme de récupération peut prendre la forme de provisions ou d’un forfait. Le contenu des charges doit rester cohérent avec ce qui est légalement récupérable et avec ce que le bail annonce au locataire.

Pour éviter les conflits, la meilleure pratique consiste à détailler les postes, plutôt que de se contenter d’un “tout compris” sans périmètre.

Et l’électricité, dans cette liste

L’électricité des parties communes figure souvent dans les charges récupérables, car elle correspond au fonctionnement de l’immeuble. En revanche, l’électricité consommée à l’intérieur du logement relève généralement d’un contrat privatif, sauf organisation contractuelle claire qui l’intègre dans un forfait de charges.

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Cette distinction explique pourquoi deux locataires, dans deux meublés différents, vivent des expériences opposées. Dans le premier, le locataire ouvre son compteur et gère tout. Dans le second, il paie un prix fixe et n’a aucune facture à son nom.

Aucune option n’est “meilleure” en soi. Tout dépend du type de location, de la durée, du niveau de loyer, et de la capacité du bailleur à absorber un risque de consommation.

Ce qui compte, c’est la cohérence : un contrat lisible, un mécanisme de charges assumé, et une information loyale dès la visite.

Taxes : ce qu’il faut comprendre en 2026

Les taxes créent souvent des confusions, parce que les réformes récentes ont modifié le paysage. En 2026, la taxe d’habitation sur la résidence principale n’est plus due. En revanche, une taxe d’habitation peut rester due pour une résidence secondaire, c’est-à-dire un logement meublé qui n’est pas la résidence principale de l’occupant.

Dans ce cadre, la question “qui paie” dépend de la situation d’occupation au 1er janvier et de la qualification du logement en résidence secondaire. Généralement, l’occupant concerné se retrouve redevable si le logement constitue une résidence secondaire, mais des cas particuliers existent selon les situations de fait.

La taxe foncière reste, en principe, liée au propriétaire du bien. Elle ne se transforme pas en charge locative récupérable par défaut, sauf mécanismes très spécifiques qui ne relèvent pas de la location meublée classique de résidence principale.

Comme toujours, l’erreur la plus fréquente consiste à reprendre des règles anciennes. En 2026, mieux vaut raisonner par statut : résidence principale, résidence secondaire, et date d’occupation.

Comment éviter les mauvaises surprises : réflexes utiles

Si vous êtes locataire, ne signez jamais un meublé sans vérifier noir sur blanc : qui ouvre le compteur, ce qui est inclus, et si les charges fonctionnent en provisions ou en forfait. Une visite réussie ne remplace pas une clause claire.

Si vous êtes bailleur, ne vendez pas du “tout compris” par facilité. Décrivez les postes, fixez un mécanisme cohérent, et gardez une logique défendable : un forfait réaliste ou une organisation par contrats individuels. Cette rigueur réduit les impayés, les contestations, et les discussions interminables.

Dans les deux cas, la preuve se construit dès l’entrée : état des lieux daté, relevés de compteurs lorsque c’est possible, et conservation des échanges écrits sur la répartition des charges.

Quand tout est clair au départ, l’électricité redevient ce qu’elle devrait toujours être en location : un poste de dépense prévisible, et non un déclencheur de conflit.

Que faire si le bail est flou

Si le bail utilise des termes génériques sans détailler l’électricité, il faut demander une clarification écrite avant de s’engager. Généralement, une question simple suffit : “L’électricité du logement est-elle à mon nom, ou incluse dans les charges, et sous quelle forme”.

Si vous êtes déjà en place et que le bail reste ambigu, privilégiez une démarche factuelle : demande de précision sur le contenu des charges, et rappel des clauses existantes. L’objectif consiste à sécuriser l’avenir, pas à refaire le passé.

En cas de provisions, la discussion porte souvent sur les justificatifs et la régularisation. En cas de forfait, la discussion porte plutôt sur la qualification du forfait et son caractère cohérent. Les arguments ne sont pas les mêmes, et une approche “au hasard” fragilise votre position.

Lorsque le désaccord persiste, une analyse du contrat et du contexte d’occupation devient nécessaire, parce que les détails factuels changent souvent l’issue d’un litige.

À retenir : la bonne question n’est pas “qui paie”, mais “qu’est-ce qui est écrit”

Dans une location meublée, l’électricité n’est pas automatiquement incluse, et elle n’est pas automatiquement exclue. Tout dépend du contrat : provisions, forfait, abonnements individuels, et périmètre des charges.

Le plus souvent, le locataire paie l’électricité privative via un contrat à son nom. Le bailleur prend en charge l’électricité entre deux locataires, et récupère certaines charges d’immeuble selon les règles applicables. Le forfait, lorsqu’il existe, apporte de la stabilité, mais impose une rédaction précise et un montant cohérent.

La meilleure prévention reste la transparence : un bail qui liste clairement ce qui est compris, et une organisation simple dès l’entrée. En location, le flou coûte toujours plus cher que la précision.

Quand le contrat est clair, chacun sait ce qu’il paie, pourquoi il le paie, et la location redevient une relation saine.