Sommaire⌄
- Calcul ou allègement : deux choses à ne pas confondre
- Comment le montant est réellement construit
- Où vos revenus interviennent vraiment
- Ce que l’exonération ne couvre pas
- Pourquoi elle augmente alors que vos revenus baissent
- Taxe foncière et taxe d’habitation : la confusion la plus fréquente
- Vente en cours d’année : qui paie ?
- Faire baisser la note
- Questions fréquentes
Non. Le montant de votre taxe foncière ne dépend pas de ce que vous gagnez. Il se calcule à partir de la valeur locative cadastrale de votre bien et des taux votés par votre commune. Deux voisins aux revenus très différents, propriétaires de maisons identiques, paient la même somme.
Vos revenus interviennent ailleurs, et c’est là que se joue l’essentiel pour beaucoup de propriétaires : ils décident si vous êtes exonéré, dégrevé, ou plafonné. Un retraité de 76 ans dont le revenu fiscal de référence reste sous 12 793 € ne paie rien sur sa résidence principale.
Calcul ou allègement : deux choses à ne pas confondre
| Étape | Vos revenus comptent ? | Ce qui est regardé |
|---|---|---|
| Calcul de la base d’imposition | Non | Valeur locative cadastrale du logement, revalorisée chaque année |
| Application des taux | Non | Taux votés par la commune et l’intercommunalité |
| Exonération totale | Oui | Âge, ou allocation perçue, et revenu fiscal de référence |
| Dégrèvement de 100 € | Oui | Avoir entre 65 et 74 ans et rester sous le plafond de RFR |
| Plafonnement de la cotisation | Oui | Taxe supérieure à la moitié de vos revenus |
Comment le montant est réellement construit
La formule tient en une ligne : base d’imposition multipliée par la somme des taux locaux. Tout le reste consiste à comprendre d’où sort cette base.
La valeur locative cadastrale
L’administration attribue à chaque logement une valeur locative cadastrale. Elle représente le loyer annuel théorique que le bien produirait s’il était loué dans des conditions normales, selon la définition de la DGFiP. Elle dépend de la surface, du confort, des éléments de standing et du secteur, pas du prix d’achat ni de la valeur de revente.
Cette valeur est révisée chaque année par un coefficient forfaitaire calé sur l’indice des prix à la consommation harmonisé publié par l’INSEE en novembre. Pour 2026, le coefficient est de 1,008, soit une hausse mécanique de 0,8 % de la base, avant même toute décision des élus locaux.
L’abattement de 50 %
La base retenue pour les propriétés bâties correspond à la moitié de la valeur locative cadastrale, comme le rappelle la fiche officielle sur la taxe foncière. Cet abattement de 50 % est censé couvrir les frais de gestion, d’assurance, d’entretien et d’amortissement. Il s’applique à tout le monde, sans démarche.
Les taux, votés près de chez vous
Les taux sont votés chaque année par la commune, l’intercommunalité et, selon les cas, un syndicat ou un établissement public foncier. Chacun peut baisser, maintenir ou augmenter son taux. C’est ce qui explique qu’un même bien soit taxé du simple au double d’une commune à l’autre, à valeur locative comparable.
Un exemple chiffré
Prenons un pavillon dont la valeur locative cadastrale s’élevait à 5 000 € en 2025.
- Revalorisation 2026 : 5 000 × 1,008 = 5 040 €.
- Abattement de 50 % : la base d’imposition est de 2 520 €.
- Taux cumulés commune et intercommunalité de 40 % : 2 520 × 0,40 = 1 008 €.
À ce montant s’ajoute la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, calculée sur la même base avec son propre taux. Le revenu du propriétaire n’apparaît à aucune ligne.

Où vos revenus interviennent vraiment
Trois dispositifs reposent sur le revenu fiscal de référence, celui qui figure en première page de votre avis d’impôt sur le revenu.
L’exonération à partir de 75 ans
Si vous avez plus de 75 ans au 1er janvier de l’année d’imposition et que votre revenu fiscal de référence de l’année précédente reste sous le plafond de l’article 1417-I du code général des impôts, votre résidence principale est exonérée de taxe foncière, comme le confirme la réponse de la DGFiP sur la condition d’âge. L’exonération est appliquée d’office quand l’administration dispose des informations.
Le dégrèvement de 100 € entre 65 et 74 ans
Entre 65 et 74 ans au 1er janvier, sous le même plafond de revenus, vous bénéficiez d’un dégrèvement automatique de 100 € sur la taxe de votre résidence principale.
Le barème
Les plafonds applicables à la taxe foncière 2026 portent sur les revenus de 2025. Voici le barème pour la métropole, tel que publié par l’administration.
| Nombre de parts | Revenu fiscal de référence à ne pas dépasser |
|---|---|
| 1 part | 12 793 € |
| 1,5 part | 16 209 € |
| 2 parts | 19 625 € |
| 3 parts | 26 457 € |
| Par demi-part supplémentaire | + 3 416 € |
| Par quart de part supplémentaire | + 1 708 € |
Les allocations qui ouvrent droit à l’exonération
Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) sont exonérés sans condition d’âge. Les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) le sont également, sous la condition de revenus ci-dessus.
Le plafonnement quand la taxe dépasse la moitié de vos revenus
Un quatrième dispositif, beaucoup moins connu, permet d’obtenir le dégrèvement de la fraction de taxe foncière qui excède 50 % de vos revenus. Il concerne la résidence principale et répond à ses propres plafonds de revenu fiscal de référence, fixés par l’article 1417-II du code général des impôts : 30 083 € pour la première part, puis 7 029 € pour la première demi-part supplémentaire et 5 533 € pour chacune des suivantes. Contrairement aux deux précédents, ce plafonnement se demande par réclamation.

Ce que l’exonération ne couvre pas
Une exonération de taxe foncière ne supprime pas tout l’avis. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères reste due, et elle figure sur le même document. Un propriétaire exonéré reçoit donc quand même un avis, parfois de plusieurs centaines d’euros, ce qui surprend beaucoup de personnes la première année.
L’exonération ne vaut que pour la résidence principale. Une résidence secondaire, un garage détaché, un terrain ou un bien mis en location restent taxés normalement.
Pourquoi elle augmente alors que vos revenus baissent
Une taxe foncière peut grimper l’année où vos ressources chutent, sans erreur de l’administration. Trois causes se cumulent.
- La revalorisation forfaitaire annuelle de la base, indépendante de votre situation, fixée à 0,8 % pour 2026.
- Une hausse de taux votée par la commune ou l’intercommunalité.
- Une modification de la valeur locative de votre bien après des travaux déclarés : extension, aménagement de combles, véranda, piscine, salle d’eau supplémentaire.
Le passage d’un seuil de revenu joue aussi dans l’autre sens : dépasser le plafond de RFR d’une année à l’autre fait perdre l’exonération, et la taxe réapparaît en totalité.
Taxe foncière et taxe d’habitation : la confusion la plus fréquente
La taxe d’habitation sur les résidences principales a été supprimée pour tous les foyers depuis 2023. Beaucoup de propriétaires en déduisent que la taxe foncière a suivi le même chemin. Les deux impôts n’ont jamais visé les mêmes personnes : la taxe d’habitation frappait l’occupant, la taxe foncière frappe le propriétaire au 1er janvier. Un propriétaire bailleur paie la taxe foncière sur un logement qu’il n’occupe pas.
La taxe d’habitation subsiste par ailleurs sur les résidences secondaires et les logements vacants dans certaines communes.
Vente en cours d’année : qui paie ?
L’impôt est dû en entier par celui qui était propriétaire au 1er janvier. Vendre son bien en mars ne dispense de rien : le vendeur reçoit l’avis à l’automne et doit le payer.
La pratique notariale corrige ce décalage par une clause de répartition au prorata temporis, insérée dans l’acte de vente. L’acquéreur rembourse au vendeur la part correspondant aux mois où il est propriétaire. Cette clause relève de l’accord entre les parties, pas de la loi : en son absence, le vendeur supporte la totalité. Le fisc, lui, ne connaît qu’un seul redevable.
Faire baisser la note
Le revenu n’étant pas un levier, l’action porte sur la base et sur les erreurs.
- Vérifier la surface et les éléments de confort retenus par l’administration. Une véranda démolie, une dépendance disparue ou une pièce comptée deux fois gonflent la base pendant des années. Notre article sur le calcul des mètres carrés d’un logement ancien détaille la méthode de mesure.
- Contrôler le nombre de pièces retenu, qui n’obéit pas à la définition courante. Nous l’expliquons dans ce que signifie le nombre de pièces au sens foncier.
- Signaler la démolition ou le changement d’affectation d’un local, qui réduit la valeur locative.
- Demander l’exonération temporaire de deux ans pour une construction neuve, à condition de déclarer l’achèvement dans les 90 jours.
- Déposer une réclamation auprès du centre des finances publiques indiqué sur l’avis, jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement. La démarche complète figure dans notre article sur comment demander l’exonération de la taxe foncière.
Payer reste obligatoire pendant l’examen de la réclamation, sauf sursis de paiement accordé.

Questions fréquentes
Sur quelle base est calculée la taxe foncière ?
Sur la moitié de la valeur locative cadastrale du bien, c’est-à-dire le loyer annuel théorique qu’il produirait s’il était loué. Cette base est multipliée par les taux votés localement. Ni le prix d’achat, ni la valeur de revente, ni les revenus du propriétaire n’entrent dans ce calcul.
Qui décide du montant de la taxe foncière ?
L’administration fiscale fixe la valeur locative cadastrale. La commune, l’intercommunalité et, selon les cas, un syndicat ou un établissement public foncier votent chaque année les taux. Le montant final résulte de ces deux décisions.
À partir de quel âge ne paie-t-on plus la taxe foncière ?
Il n’existe pas d’âge à partir duquel la taxe disparaît automatiquement. À 75 ans révolus au 1er janvier, l’exonération de la résidence principale est acquise si le revenu fiscal de référence reste sous le plafond. Entre 65 et 74 ans, le même plafond ouvre droit à un dégrèvement de 100 €.
Quel revenu fiscal de référence pour être exonéré ?
12 793 € pour une part, 19 625 € pour deux parts, sur les revenus de 2025 en métropole. Chaque demi-part supplémentaire ajoute 3 416 €. Le montant à comparer figure en première page de votre avis d’impôt sur le revenu.
Quelles conditions pour ne pas payer la taxe foncière ?
Percevoir l’ASPA ou l’ASI, ou avoir plus de 75 ans sous condition de ressources, ou percevoir l’AAH sous la même condition. S’y ajoutent les exonérations temporaires, notamment les deux ans accordés aux constructions neuves déclarées dans les délais. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères reste due dans tous les cas.
Pourquoi ma taxe foncière augmente-t-elle ?
La base est revalorisée chaque année, de 0,8 % en 2026. Les collectivités peuvent relever leurs taux. Des travaux déclarés qui augmentent la valeur locative produisent le même effet, de façon durable. Une baisse de revenus ne freine rien, puisque le revenu n’entre pas dans le calcul.
Où trouver le montant de ma taxe foncière ?
Dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr, rubrique « Mes documents », dès la mise en ligne de l’avis en fin d’été. L’avis papier arrive en septembre pour les personnes non mensualisées. Le détail du calcul, valeur locative et taux, figure au verso.
La taxe foncière est-elle indexée sur l’inflation ?
La base l’est. Le coefficient de revalorisation suit l’indice des prix à la consommation harmonisé constaté en novembre de l’année précédente. Les taux, eux, relèvent d’un vote local et peuvent évoluer dans un sens ou dans l’autre indépendamment de l’inflation.
Un locataire paie-t-il la taxe foncière ?
Non. Elle est due par le propriétaire ou l’usufruitier au 1er janvier. Seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères peut être refacturée au locataire au titre des charges récupérables.
Sources officielles
- Service-Public.fr — Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB)
- Légifrance — Code général des impôts, article 1390 (exonération de taxe foncière)
Relu et vérifié le 08/10/2026 par Ichaï Lahmi, diagnostiqueur immobilier certifié, à partir des sources officielles ci-dessus.